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Wilfrid Lupano présente Communardes !

Posté le 15/09/2015 dans Les auteurs


Des portraits de femmes racontent la Commune de Paris

Épisode sanglant, la Commune de Paris conserve encore aujourd'hui un caractère éminemment symbolique dans l'histoire des révolutions socialistes. On l'oublie mais parmi les insurgés se trouvaient des femmes. Qu'elles soient bourgeoises, ouvrières, prostituées, célèbres, anonymes, françaises ou étrangères, elles ont toutes en commun le fait d'être montées aux barricades et d'avoir pris les armes pour faire valoir leurs droits.

Wilfrid Lupano décide de retracer le destin de ces femmes qui se sont engagées dans la Communes de Paris – ces "communardes" – à travers une série d'albums indépendants portés par des dessinateurs de talent.

Comment est née l'idée de cette série ?

Wilfrid Lupano : L'idée traine dans ma tête depuis longtemps, je me suis toujours beaucoup intéressé à la Commune de Paris. C'est une période fascinante, très courte, qui dure à peine 3 mois. Et alors que ses effets immédiats sur l'histoire de France sont dérisoires, elle conserve toujours aujourd'hui un caractère éminemment symbolique sur l'histoire globale des révolutions socialistes.

Pouvez-vous nous en expliquer le concept ?

W. L. : Il s'agit de trois albums dessinés par trois dessinateurs différents. Chaque album forme une histoire indépendante et autonome dans laquelle on suit une femme qui a participé à la Commune de Paris. Chacune incarne un moment très spécifique des événements mais aussi un type de femme qui y a participé. Car ce qui fait la particularité de ces communardes, c'est qu'elles venaient de toute origine sociale : il y avait aussi bien des bourgeoises que des ouvrières ou des prostituées… c'était vraiment un mouvement « vertical ». L'idée était donc de synthétiser cela tout en proposant de véritables histoires vivantes et romanesques.

Pourquoi avoir choisi cet angle original pour aborder la Commune ?

W. L. : Précisément parce que c'est une période très complexe et que je ne me prétends pas historien. Ce que l'on propose ici, c'est davantage une histoire de personnages qui se passe pendant la Commune de Paris qu'un essai sur le sujet. Le contexte historique est évidemment évoqué, mais je voulais surtout montrer le rôle de ces femmes pendant la Commune de Paris, qui a par exemple vu émerger le premier mouvement officiellement féministe de l'histoire de France : l'Union des femmes pour la défense de Paris et l'aide aux blessés. Et à cette époque-là, les femmes sont allées très loin dans leurs revendications, dans leur capacité à s'organiser, mais aussi dans leurs demandes de participer aux grandes décisions – et même d'aller au combat ! Sauf que quasiment tout leur a été refusé, ce qui montre bien que les révolutionnaires de cette époque ne l'étaient pas tant que ça…

Affiche de l'appel aux ouvrières, le 18 mai 1871. (c) Bibliothèque Marguerite Durand.

Les différents tomes sont-ils connectés d'une manière ou d'une autre ?

W. L. : Chaque histoire est indépendante, mais on peut retrouver le personnage principal des différents albums dans les autres en tant que personnage secondaire, ce qui constitue une unité. Le premier tome est centré sur le siège de Paris par les Prussiens, qui précède la Commune : c'est l'hiver 1870-1871, une énorme famine frappe la ville. Le deuxième tome parle vraiment de l'émergence et du développement de l'Union des femmes. Et le troisième tome traite davantage de la « semaine sanglante », c'est-à-dire la fin de la Commune et les procès qui ont été faits aux femmes, puisqu'on a essayé de montrer à cette époque que c'est parce que les femmes s'étaient mêlées de politique que Paris avait brulé !

Parlez-nous des différents dessinateurs qui vous accompagnent…

W. L. : Le premier tome est dessiné par Lucy Mazel, une jeune dessinatrice très talentueuse qui dessine superbement les femmes en général. J'avais envie de la sensibilité de son trait pour les personnages principaux qui sont une petite fille et sa mère. Le deuxième tome est dessiné par Anthony Jean, qui saisit de manière incroyable les ambiances et les décors d'époque, et qui avait envie d'un album avec une présence féminine plus forte. Et le troisième tome (à paraître en 2016) sera dessiné par Xavier Fourquemin qui est très étonnant parce qu'il peut naviguer dans plusieurs styles, avec un trait entre le classique franco-belge et le réaliste, mais aussi capable de quelque chose de plus encré. Il a un registre assez vaste qui permet beaucoup de choses.

Extrait de Communardes ! – Les Éléphants rouges, dessin de Lucy Mazel

Extrait de Communardes ! – L'Aristocrate fantôme, dessin d'Anthony Jean

Comment s'est déroulé le choix de ces dessinateurs ?

W. L. : Beaucoup de gens ne savent pas grand choses sur la Commune, en fait c'est une période qu'on étudie peu à l'école. Et comme cela fait quelque temps que je parle de ce projet autour de moi, certains dessinateurs ont eu envie spontanément d'y participer, par curiosité. D'autres avaient plutôt envie qu'on travaille ensemble quel que soit le sujet. C'est donc ce mélange de rencontres et de discussion avec notre éditrice chez Vents d'ouest, qui a abouti à ce casting. C'est toujours une alchimie un peu étrange…


Communardes !

Lancement le 30 septembre 2015 : 2 albums

Les Éléphants rouges (dessin de Lucy Mazel)

L'Aristocrate fantôme (dessin d'Anthony Jean)



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